Une exposition dans mon blouson #1

Une exposition dans mon blouson est un concept d’exposition, qui invite un, une ou plusieurs artistes à exposer une oeuvre dans le blouson d’une ou un commissaire d’exposition, ou une ou un écrivain. L’invitation n’a aucun thème prédéfini il s’agit d’une rencontre qui donne lieu à une aventure à chaque fois renouvelée. 
 

Si bien souvent lors d'une exposition un curateur écrit avant le vernissage, dans un catalogue par exemple, avec des descriptions et des interprétations d'oeuvres le plus souvent, puis laisse mourir toutes inspirations ou réflexions, les expositions dans mon blouson donnent l'occasion d'une inspiration plus poétique et se développant au cours du temps. Car c'est la proximité entre l'oeuvre, le curateur et le spectateur qui se joue différemment...
 

Pour la première exposition Julie Gil à inviter l’artiste franco-allemande Charlotte Seidel. Elle a conçu un crayon où est gravée la phrase «TIME AFTER TIME». Au fur et à mesure du temps et de son utilisation au quotidien la phrase se transforme : «me after time», «after time», etc. L’exposition sera terminée quand le crayon ne pourra plus s’utiliser.

Une Exposition dans mon Blouson #1

Time after Time, Charlotte Seidel

Réferences 

Cette phrase de Marina Tsvetaeva «Le premier millimètre au-dessus de la terre» .

Quelque chose de l'énergie d'un SDF. 

Croyances 

Je voudrais en avoir aucunes. 

Nous sommes tous blessés. 

L’amour : quelqu’un qui vient vers vous. 

La vérité n’est pas un discours. 

Le pire, c’est le confort. 

La splendeur du corps.

Envies 

Je voudrais rire. 

On pourra respirer. 

J’éspère que quelqu’un voudra me voler l' oeuvre. 

Je serais vulnérable. 

Je voudrais inventer une nouvelle manière de parler à chaque fois. 

Questions

Dans une fête je sais toujours qui est le dealer de drogue. Y-a-t-il aussi des indices pour trouver la poésie ? 

Quand sommes nous vivants ? 

Tu voudrais voir une exposition ?

Remarques 

Il n’ y a rien à rater et rien à réussir. 

Le talent c’est avoir le courage de recommencer, c'est la force. 

Je voudrais te parler sans rien savoir. 

On risque d’être libre. 

J’ai confiance en la vie, seule l’innocence peut être passionnée

Petites histoires 

De ma fenêtre je vois un arbre où vit un gros oiseau qui fait bouger les branches.

 Le jour où j’ai rencontré Charlotte Seidel j’ai cru en la poésie. 

La première fois que j’ai lu une poésie à 9 ans j’ai pris conscience que l’air qui rentrait par la fenêtre rentrer aussi dans moi. 

L'exposition s'est terminé un jour inconnu. Je ne me souviens plus. 
 

Le crayon était tout petit, il n'y avait plus qu'écrit TIME dessus. 
 

Je l'avais aiguisé. On l'avait aiguisé. On me l'avait pris. Je l'avais donné. Je l'avais montré comme on montre une bague à son doigt. Je l'avais exposé comme on expose un pape mort, fait apparaître dans un bar comme apparaît un arc-en-ciel. Je l'avais présenté comme on présente une personne dans un appartement. Je l'avais fait voir, mis devant les yeux. Fais connaître.
 

Je ne sais pourquoi j'avais ce désir impatient comme tous les désirs le sont, d'arriver à ME, d'en finir, d'aller plus vite que le temps, d'aiguiser encore, pour arriver à ME. A priori car c'était le but : aiguiser l'oeuvre qui allait disparaitre avec le temps. Après TIME, aller venir le temps du IME, puis du ME. Le temps du Moi après le temps. 
 

Et avec ce TIME graver sans le temps de devenir IME, ni ME le crayon se perdit. Je perdis cette oeuvre. Je la perdis de l'avoir prêté, de l'avoir sorti. De l'avoir fait apparaître, le crayon disparut. La dernière fois que je le prêtais,mon neveu fit ce dessin. Il me jura que ce n'était pas lui qu'il l'avait et me donna ce dessin étrange. Un cœur plante affronte un dragon. Merci à ceux qui ont vu cette exposition dans mon blouson !