La bal(l)ade du crime

Du 07 au 30 Novembre 2015

à Saint Martin, 18 rue Saint Martin, Lausanne, Suisse

 

Après avoir eu vent des meurtres de noirs sur le pont Mississippi, Nina Simone courut dans son garage pour fabriquer une arme. C’était trop, elle voulait tuer à son tour. 

Aller et retour. 
Va-et-vient. 
Tu tues, je te tue. L’éternelle litanie du crime et son refrain obsédant.
 

Lever la tête, voir le ciel s’obscurcir, et constater que depuis le fond des âges les nuages absorbent la vapeur du sang.
Rien de nouveau sous la lune et le soleil.
Quasiment pas.
 

Tu ouvres la Bible. Caïn, meurtrier de son frère commet le premier crime et entache à jamais l’espèce humaine. Le crime originel, disent-ils, et pas seulement, le mythe fondateur de l’humanité.  
 

Et ainsi de suite.
Avant.
Après.
 

Tu ouvres la Tora, le Coran, tu t’intéresses à la mythologie grecque…
Tu allumes l’ordinateur. " J'espère que vous avez le coeur bien accroché car c'est une véritable boucherie à l'intérieur" (La cité de la peur, 1994). À Palmyre, Daech procède à de nouvelles exécutions.
Tu fermes. Tu penses. Tu doutes. Tu abandonnes l'idée. Tu te fais des pâtes. 
 

Homicide volontaire, meurtre, crime passionnel, forfait, attentat, infraction à la loi, à la morale, aux lois humaines. Et les plus « beaux » termes, la trilogie nommée après la Deuxième Guerre mondiale : crime de guerre, crime contre la paix, crime contre l’humanité. 
 

Dans un tribunal international, en 1945 à Nuremberg, les principaux criminels de guerre allemands coupables sont jugés. Nous possédons, dès lors, semble-t-il, un œil icarien du crime, nous le voyons vu d’en haut. Un œil qui ne voit pas vraiment, peut-être,  plus encore il s’éloigne.

Notre regard change face au crime, mais lui ne semble pas changer.
 

Nous parlons volontiers de la violence des images, des images violentes qui parsèment notre quotidien, mais les vraies images de la violence, de l’horreur et plus particulièrement celles du crime a priori nous les voyons pas.
 

Nous sommes face à ses signes, à ses symboles, à ses traces, ses apparences, nous entendons son récit. Le crime est un acte propice à l’imaginaire, au récit, un événement entouré de mystère qu’on s’acharne à démontrer, trier et juger. Il porte en lui le paradoxe d’être une viande médiatisée, banale, prête à être violée par les regards, que néanmoins reste lointain et flou. De même que les quelques secondes initiales du Big Bang sont insondables écrit Baudrillard, les quelques secondes du crime originel sont irréparables. Crime fossile donc, comme les bruits des fossiles épars dans l’univers.
 

Mais aujourd'hui les choses semblent changer ...
 

Nous voici dans le reality-show, la réalité virtuelle du crime. On perce l’écran. On saute le pas, à pieds joints dans un artefact à trois dimensions. C’est par là, par l’écran que se rejouent l’espace et le temps aussi de la réalité du crime.
 

Un exemple parmi d'autres : de son balcon, le 7 janvier 2015 vers 11h30, un homme filme avec son smartphone l’exécution par un djihadiste d’un policier rue Nicolas Appert à Paris et distribue de par le monde l’image même du crime via internet.
 

Le temps du crime semble être le même que le nôtre, ce n’est plus le temps du cinéma, qui tend vers toujours plus de troisième dimension, ce n’est plus l’illusion cinématographique du crime. L’immédiateté, ce visible double, ce réel cloné est un striptease du crime où il ne semble pas avoir de secret. 
 

Les artistes ont depuis toujours était attirés par le crime. Il était mythe, grande histoire, etc. Il permettait la fiction romanesque, la puissance fantasmatique, l’esthétique de la violence, l’engagement politique, etc. Picasso, Géricault, Goya, Caravage ont inventé l’image d'un crime, et par là celle du crime. Ils ont peint l'instant, traitant des sujets comme la mort de Marat, ou le meurtre d'Holopherne par Judith, avec la victime et le meurtrier parfois. 
 

Aujourd’hui, cette image n’est plus à inventer. Elle est là en replay dans ce flux continu. Comment se positionnent les artistes à travers cette particularité de l' Histoire du regard ? 
 

Certains artistes de l’exposition ôtent et enlèvent l’acte même du crime. Derrière ces œuvres se cache la puissance de répétition du crime, une voix qui chuchote: l’horreur n’a pas eu lieu, l’horreur se repete. L’horreur est hors lieu. Dans les oeuvres :  l’absence et sa force,  la métaphore et sa vie. Il ne s’agit pas de figer l’instant du crime, de montrer les victimes mortes, le moment où… mais de prendre l’envers des images parfaites du crime, et de garder leur secret. 
 

Les œuvres de l’exposition, ces traces, les apparences du crime, ces choses qui saisissent le crime dans son sommeil, semblent être une réponse à cette prolifération du réel, symptôme de la peur de l’illusion fondamentale de nos vies.
 

Comment bien voir le crime? Peut-on le voir devant nous ? Faut-il encore appuyer sur play ?  
 

Après avoir eu vent des meurtres de noirs sur le pont Mississippi, Nina Simone courut dans son garage pour fabriquer une arme. Son mari la retient et lui dit: écris plutôt une chanson ! Elle compasa «Mississippi Goodman», un crime imparfait. 

Dorian Ozhan Sari

L'œuvre de Dorian Ozhan Sari est proposé au visiteur comme un interlude de l'exposition. Ce memento mori rappelle la finitude de la vie, dans cette conscience de fin se dissimule cette attirance voir cette fascination pour le crime, le meurtre, la destruction.

Une baignoire découpée en morceaux égaux séparés de la même distance laisse couler de l’eau sur le sol. Une sculpture qui dit la nature humaine fragile et mortel. Mais pas seulement, une mise en scène où la baignoire, objet de détente, devient squelette, devient le corps même qu’il doit contenir. Comme une transposition entre le corps et l’objet découpé en rondelles, non sans rappeler les films d’horreur où la baignoire est le lieu du crime, dans un érotisme morbide

Stefan Botez

L’exposition « La ballade du Crime » s'ouvre à travers l'utilisation du mythe par les artistes pour traiter le thème. Stefan Botez présente la vidéo Cain et Abel - Murder Sequence une interprétation vidéographique du mythe biblique de Caïn et Abel.

Le malaise est sensible, tant nous devenons voyeurs, entremêlés dans la scène de meurtre grâce à des plans flous et rapides, et tant cette scène de violence devient une scène de sexe. Nous sommes voyeurs ou acteurs de la performance comme des complices impuissants immergés dans ses images de corps à corps, qui déchiffre un supposé réel du crime.

Pour l’artiste il s agit  plutôt  d’envisager une performance, de faire jouer à deux hommes l’acte du crime, d’expérimenter, laisser une part de hasard pour obtenir une présence esthétique particulière plus proche du souffle de la vérité.  

Allant du côté du mythe et du religieux, l’artiste roumain  confère une valeur contemporaine et extrait la « métaphore vive » (Paul Ricœur) du texte. Texte religieux, Sourate du Coran que Stefan Botez applique en graffiti dans son installation vidéo. Par exemple, What is Murder ? demande d’Eve au diable dans le coran. La phrase se déroule en haut des images filmées. Une écriture brut, éphémère et surtout expressive fait référence au graffiti autant dans sa valeur primitive que dans sa valeur politique (où se tapie le religieux). Dans l’œuvre de Stefan Botez passé, présent, futur ne semble pas se succéder mais au contraire faire partie du même espace temps.

Les œuvres de Stefan Botez portent une réflexion sur les notions et les esthétiques de la masculinité et deviennent d’autant plus ambiguës et profondes. L’artiste avec sa camera ou son crayon traque les pratiques historiques de genres comme certains sport, la boxe, l’escrime etc… La domination de la représentation du corps masculin dans l’art occidental et ses avatars, ses ruines, etc… Pratiques historiques de genre dont le crime semble en faire partie (tout du moins selon certains textes religieux qu’il utilise) est qui est ici présenté comme un comble de l’acte sexuel.

Laetitia Bech

Laetitia Bech propose une vidéo sous forme d'un clip musical. Un vampire moderne chante ses crimes non accomplis, ses frustrations de vampire emo.  Ce personnage et l'oeuvre rappellent l'imprégnation du thème du crime dans la culture punk rock mais également dans les histoires fantastiques populaires. L'artiste allie mythe archaïque et mythe moderne pour livrer un monde angoissant, fantastique où la modernité est à son comble. 

Livia Johann

FREE TEX WATSON XX semble proclamer l’artiste Livia Johann à travers son œuvre. Mais pas vraiment, car il s’agit là d’une appropriation. L’artiste, a priori sans rôle d’auteur, confisque ce message à un film. Dans « Pink Flamingos », célèbre film de John Water, il surgit sur un mur, ce graffiti : “FREE TEX WATSON XX”.

Tex Watson, a qui ce réalisateur du bizarre et de l’outrancier fait référence, est un meurtrier américain, incarcéré pour sa participation, ainsi que Charles Manson et d'autres membres de la « famille Manson », dans une série de meurtres. Lors d’un crime, une victime lui demande «  qui es-tu ? Et qu’est ce que tu veux ? », il répond « Je suis le diable, et je suis ici pour faire son travail. » c’est dire.

Livia Johann reproduit le Tag avec une matière inattendue, des barres métalliques de chantier. Un matériau pas vraiment sophistiqué, qu’elle soude et tord, qu’elle récupère surtout.  A la manière d’un artiste comme Kurt Switers au début du XXeme siècle Livia Johann fait dans la récupération. A ceci près que les conditions matérielles sont différentes et que l’artiste française « choisit » souvent de s’hasarder dans ces chantiers, lieu du processus du travail, dans cette misère boueuse et érotique. Dans cette société de l’abondance et des « objets proliférants », Livia Johann calme le jeu, prend le contre pied et pour finir procède à une véritable redéfinition de l’identité du matériau.

Car l’œuvre devient une banderole métallique, peut être même dangereuse, une arme. Outre le fait de déplacer la rue fictive du cinéma à l’espace d’exposition, l’acte de l’artiste prolonge la proclamation, la subversion. Livia Johann pérennise soudain l’éphémère d’une image de second plan. Ainsi reproduit prolongé dans sa présence le message commence une nouvelle vie.

Une vie de banderole bizarre qui  porte un message autoritaire et amoral, et qui a une fonction identitaire, fonctionne comme un repère dans une manifestation, dans un espace, une sorte de drapeau. La banderole est un diminutif de bandière, d’après le Littré (bannière ou pavois), elle appartient au vaste domaine étudié par la vexillologie, la science des drapeaux. Historiquement, c’est donc du côté du drapeau, de l’étendard, de l’enseigne que l’on trouve la généalogie de la banderole.

En outre, l’œuvre fonctionne comme un étendard du film, dont le titre même de l’œuvre qui reprend le titre du film et non le tag est un argument de plus dans ce sens. Un étendard  une œuvre qui revendique ce monde de liberté, où  l’on mange de la merde avec joie, où ce qui semble être sombre et amorale devient drôle, jouissif et imaginatif. 

Valère Chanceaulme

Valère Chanceaulme présente une vidéo documentation de son happening “Digitus impudicus” réalisée en 2011 aux abattoirs de Bordeaux, France.

L’artiste se saisit d’une situation, soit le festival d’art contemporain bordelais « Evento » pour s’opposer vigoureusement à la politique culturelle et engage un débat. En effet, les acteurs politiques et culturels de la ville, au prétexte de l’évènement concrétisent  un programme d’urbanisation qui fait cesser l’activité des abattoirs. « Evénement davantage politique qu'artistique » disent certains commentaires.

Nous voici dans l’activité quotidienne des abattoirs. Il est environ 5h30 dans un bruit assourdissant. La chaine mécanique fait circuler les carcasses de bœufs, au milieu, les ouvriers travaillent, manipulent des foies remplis de sang, des morceaux de viande en tout genre. On se confronte à la modernité des abattoirs, l’industrialisation de la mort en masse et à la froideur d’un éclairage au néon soutenu par celle des uniformes quasi chirurgicales qui contrastent avec la chair rouge vif des animaux morts suspendus.

Les ouvriers et l’artiste portent la même tenue et les mêmes masques d’oiseaux aux yeux effrayants et au bec imposant. Au fond une pancarte “ Digitus Impiducus” signifie « doigt impudique » en romain et renvoi au titre de l’oeuvre.

Le décor est planté.

Au premier plan, l’artiste additionne des bouts de chairs, qui peu à peu deviennent  sculpture. Une main de chair. Un  doigt d’honneur.

Le ton est donné.

Valère Chanceaulme blasphème, tue, insulte,  provoque, prend la parole, affirme d’une manière vigoureuse, violente et « Qui cache son fou, meurt sans voix. » (Henri Michaux).

L’artiste travaille sur plusieurs croisements de sens, le rituel, le film d’horreur, le divertissement, le monde du spectacle  et nous amène dans un labyrinthe de doutes et d’appréhensions. Les ouvriers participent à la scène, deviennent de véritables complices, aident à la réalisation de la sculpture, un travailleur même s’engage, fait un doigt d’honneur. L’artiste devient ouvrier, les ouvriers deviennent artistes, ils se confondent. Véritable œuvre en soi, ces masques portent en eux un recours à la distanciation, à l’animalité, au paradoxe et au comique. De l’homme à l’animal dans les masques, mais aussi dans la viande utilisé dans la sculpture. Dans cette matière précaire, indéterminée, matière à sensation, nous y reconnaissons quelque chose de nous, un statut anthropologique substantiellement apparenté à notre corps.

L’œuvre rappelle le caractère industrialisé de l’abattoir moderne non sans se référer à la standardisation de l’être humain. En exergue de son tract Valère Chanceaulme écrit « Une soupe fantastique, soit l’illusion optimiste de plus pour un meilleur peuple mécanisé ”.

Dans l’œuvre : comme un continuum troublant encore entre L’homme, la machine, l’animal,  l’artiste. Sens entremêlés encore : à la fin de la vidéo, un homme masqué acène un coup de pistolet dans la tête d’un bœuf. Est-ce l’artiste ou l’ouvrier ? Qui est qui ? L’artiste pourrait-il même  être  ce bœuf, qui signe son arrêt de mort après un « crime » artistique contre le pouvoir culturel en place ?

Jhafis Quintero

La vidéo “ Solo comunicamos existimos” de Jhafis Quintero estinspirée de l’expérience de l’artiste dans une cellule d’isolement en prison. Représentative de la pratique artistique de l’artiste Panaméen, l’oeuvre sonde les émotions et l’imaginaire du temps et de l’espace de la prison et  s’insère dans une interrogation sur les relations humaines et la condition humaine.

Jhafis Quintero se tient devant un mur gris percé au centre d’un trou. Il se balance comme un métronome et marque le rythme du corps  d’une phrase qu’il n’arrête pas de clamer, “ Solo communicamos existimos” (seulement en communicant nous existons). On imagine la menace, une présence derrière le mur, l’artiste tient un couteau derrière son dos et évite par sa danse obsessionnelle d’être une cible fixe. Et soudain de l’autre côté de la paroi apparait son double : les mêmes gestes suivent le même chant. Comme une lutte entre soi et soi, un combat avec son propre ennemi intérieur qu’on faillit de tuer, mais pas seulement, comme une lutte entre l’art et le crime, les deux visages de la même face dans ce chant qui condense à la fois ce besoin infini de l’homme de communiquer et son envers ou sa continuité, l’envie ou le besoin de tuer si par malheur “L’autre qui est à la fois un je” deviendrait menaçant.

Mathis Gasser

Mathis Gasser présente The Man in the Hight Castel  une peinture basée sur la couverture de la première édition de la  nouvelle de Phillip K. Dick. Et si les nazis avaient gagné la Seconde guerre mondiale et occupaient l’Amérique ? Voici le point de départ de ce roman aujourd’hui adapté en série.

Gasser s’approprie l’image de la couverture du livre et sa force plastique qui juxtapose des symboles du Mal absolue : les drapeaux du Japon impérial et les symboles Nazis. L'artiste n' invente, mais confisque ce qui est chargé historiquement et culturellement significatif, pour se poser là comme un interprète et ajouter un autre sens à l’image sans en remplacer la signification. Ce travail problématique ou violent et aussi une réflexion sur l’histoire, les alternatives de l’histoire et les résultats du passé. Ces symboles forts deviennent un témoignage de la vanité humaine.

Au même titre que le Piss Christ d'Andres Serrano la peinture de Gasser  est vandalisée lors d’une exposition privée au sud de Londres. Le mobile et les motivations de l’agression sur l’œuvre sont inconnus. La piste de l’offense ressentie est la plus envisageable.

À la suite de cet événement, l’artiste décide de mettre l’œuvre dans une boîte en plastique, à la manière des musées qui protègent ses peintures les plus précieuses dans des coffres transparents. Gasser empêche ainsi toute nouvelle attaque contre l’œuvre, mais pas uniquement, il donne la parole au spectateur et donne à l’acte criminel de celui-ci une importance d’auteur.

Que pourrait signifier cette volonté de destruction d’une œuvre d’art ?  Le moins que l’on puisse dire est que l'objet artistique, l’image, la peinture  peut devenir un véritable ennemi qu’il faudrait abattre. Comme si la peinture nous avait agressés, qu’elle était un crime et qu’il fallait à son tour l’agresser, la tuer. Ce cas montre la vie même des images qui cachent d’autres images qu’on ne saurait voir, les images ou encore la peinture même, qui est, avec sa légendaire dimension sacralisée, une image en soi. Ici l’image de la peinture et les images de ces symboles, créent une troisième image ou voir des milliers qui appartiennent au spectateur et qu’on ne peut pas contrôler. Elles exercent à priori une forme d'influence et ont le don d'attirer les passions, les folies, les crimes, jusqu'à parfois même affirmer de véritables actes politiques. 

 « La ballade » se termine par une œuvre qui demande au spectateur de voir avec les oreilles et la mémoire, et calme la rétine que toutes les autres œuvres de l’exposition ont excité par leur force plastique.

T’imagine est le titre de cette vidéo d’Etienne Chosson qui ne fait apparaître aucune image. L’écran est noir et abandonné au témoignage d’un homme ayant vécue le drame d’un incendie criminel.  Nous écoutons. Nous sommes à Genève en 2015 dans un foyer de réfugiés. Nous voyons les images à travers ses mots « J’ai vu le feu », « j’ai vu les gens sautaient du troisième étage ». L’homme raconte l’action, il filme toute la scène. Les portes sont bloquées. La solution ? La fenêtre ! 

Comme dans une pudeur de révéler des images du crime ou simplement le visage de la victime, Etienne Chosson par cet acte de laisser l’ écran noir revendique le pouvoir de l'absence et parle de l'impossibilité de l'image du crime. L’exposition se termine alors par ces questions : « Qu’est ce qui se passe dans ce monde ? Qu’est ce que je peux faire dans ce monde ? »